Les clés d’une communication environnementale efficace

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Publié le : 02 juin 202421 mins de lecture

Gérer efficacement la communication environnementale est crucial pour sensibiliser et influencer les comportements. Cet article explore les bonnes pratiques pour une communication crédible et impactante dans ce domaine stratégique.

📊 Bon à savoir

Selon une récente étude, 66% des consommateurs font davantage confiance aux marques certifiées par un label environnemental officiel comme l’écolabel européen.

Plan de l’article

Comprendre la communication environnementale

La communication environnementale est devenue un enjeu majeur pour les entreprises, les institutions publiques et les organisations non gouvernementales. Face aux défis écologiques actuels, il est essentiel de sensibiliser, d’informer et d’influencer les comportements des citoyens et des consommateurs. Mais qu’est-ce que la communication environnementale exactement et quels sont ses objectifs ?

Définition et spécificités de la communication environnementale

Selon Thierry Libaert, expert en communication environnementale, il s’agit de « la voie pragmatique et constitutive de notre compréhension de l’environnement ainsi que de notre relation avec le monde naturel ; c’est l’outil symbolique que nous utilisons pour construire les problèmes environnementaux et négocier les différentes réponses de la société à leur égard ». Cette définition souligne l’importance de la communication dans la construction des représentations sociales de l’environnement.

La communication environnementale se distingue par son caractère transversal et multidisciplinaire. Elle fait appel à des connaissances en sciences de l’environnement, en sociologie, en psychologie et bien sûr en sciences de l’information et de la communication. Elle s’inscrit également dans une temporalité longue, contrairement à d’autres formes de communication plus réactives et court-termistes.

Les acteurs de la communication environnementale

Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à intégrer les enjeux environnementaux dans leur stratégie de communication. Elles cherchent ainsi à valoriser leurs engagements en matière de développement durable et à améliorer leur image auprès des consommateurs. C’est le cas par exemple de Patagonia, marque de vêtements outdoor, qui a fait de la protection de l’environnement un pilier de sa communication.

Les institutions publiques jouent également un rôle clé dans la sensibilisation aux questions environnementales. En France, l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) mène régulièrement des campagnes de communication pour encourager les écogestes et la transition énergétique. De même, le ministère de la Transition écologique communique sur les politiques publiques en faveur de l’environnement.

Enfin, les ONG environnementales comme Greenpeace ou WWF utilisent la communication pour alerter sur les menaces qui pèsent sur la planète et mobiliser les citoyens. Leurs campagnes choc, comme celles dénonçant la déforestation ou la surpêche, ont un fort impact médiatique.

Les objectifs de la communication environnementale

Le premier objectif de la communication environnementale est de sensibiliser le grand public aux enjeux écologiques. Il s’agit de faire prendre conscience de l’urgence d’agir face au réchauffement climatique, à l’érosion de la biodiversité ou encore à la pollution plastique des océans. Pour cela, les acteurs de la communication environnementale s’appuient sur des données scientifiques mais aussi sur des techniques de storytelling pour toucher les émotions.

Au-delà de la sensibilisation, la communication environnementale vise aussi à informer sur les solutions existantes et à encourager leur adoption. Cela passe par la promotion des écogestes du quotidien (tri des déchets, économies d’énergie…) mais aussi par la mise en avant de modes de consommation plus durables (alimentation bio et locale, mobilité douce…). L’enjeu est d’accompagner les changements de comportement nécessaires à la transition écologique.

Enfin, la communication environnementale cherche à influencer les décideurs politiques et économiques pour qu’ils prennent des mesures en faveur de l’environnement. Les ONG utilisent notamment le levier de l’opinion publique pour faire pression sur les gouvernements et les entreprises. C’est le cas lors des grandes conférences internationales sur le climat comme la COP21, où la communication joue un rôle crucial pour pousser les États à s’engager.

Les normes et certifications environnementales

La communication environnementale est un domaine en pleine expansion, porté par une prise de conscience croissante des enjeux écologiques. Pour garantir la crédibilité et la fiabilité des messages véhiculés, il est essentiel de s’appuyer sur des normes et certifications reconnues. Ces dernières fournissent un cadre structurant et des critères précis à respecter.

L’ISO 14020, référence internationale pour la communication environnementale

Publiée par l’Organisation internationale de normalisation (ISO), la norme ISO 14020 établit les principes généraux pour les étiquettes et déclarations environnementales. Elle définit notamment trois types de labels :

  • Type I (ISO 14024) : labels écologiques officiels, basés sur des critères multicritères et dont l’attribution est contrôlée par un organisme indépendant.
  • Type II (ISO 14021) : auto-déclarations environnementales, sous la seule responsabilité des entreprises.
  • Type III (ISO 14025) : éco-profils, présentant des données chiffrées d’analyse du cycle de vie, vérifiées par un tiers.

Selon une étude de l’ADEME, 83% des Français déclarent faire confiance aux écolabels officiels pour les guider dans leurs achats éco-responsables.

Les écolabels officiels, gages de confiance pour les consommateurs

Parmi les labels écologiques de type I les plus reconnus en France, on peut citer :

  • L’Écolabel Européen (ou Flower) : créé en 1992, il couvre aujourd’hui plus de 30 catégories de produits et services.
  • La marque NF Environnement : déclinée par l’AFNOR sur une vingtaine de familles de produits.
  • Le label Agriculture Biologique (AB) : garantissant des produits issus de l’agriculture biologique.

En 2020, les ventes de produits portant l’Écolabel Européen ont atteint 6,3 milliards d’euros en France, soit une progression de 15% par rapport à 2019.

Critères et exigences pour l’obtention des écolabels

Pour obtenir un écolabel officiel, les produits doivent respecter un cahier des charges strict, élaboré en concertation avec les parties prenantes (fabricants, associations, pouvoirs publics…). Les principaux critères évalués portent sur :

  • L’impact environnemental tout au long du cycle de vie
  • La limitation des substances dangereuses
  • La durabilité et la réparabilité des produits
  • L’information des consommateurs

Des audits réguliers sont menés par des organismes certificateurs indépendants pour vérifier le respect des exigences dans la durée.

Autodéclarations et risque de greenwashing

Contrairement aux écolabels officiels, les auto-déclarations environnementales (de type II) ne font pas l’objet de contrôles externes. La norme ISO 14021 fixe néanmoins des lignes directrices pour encadrer ces allégations :

  • Précision et clarté des termes employés
  • Pertinence et véracité des arguments avancés
  • Interdiction des formulations vagues ou non étayées (« eco-friendly », « 100% naturel »…)

Le non-respect de ces principes expose les entreprises à des accusations de greenwashing. En 2021, le Jury de Déontologie Publicitaire (JDP) a ainsi épinglé 19 publicités pour des allégations environnementales trompeuses.

La communication environnementale doit s’appuyer sur des preuves tangibles et vérifiables. C’est une condition sine qua non pour instaurer un climat de confiance avec les consommateurs.
Thierry Libaert, expert en communication environnementale

En s’appuyant sur des normes et certifications solides, les entreprises peuvent construire une communication environnementale crédible et transparente, à même de valoriser leurs efforts en matière d’éco-conception et de développement durable.

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Les stratégies efficaces de communication environnementale

Pour être efficace, une stratégie de communication environnementale doit être bien pensée et adaptée aux différents publics cibles. Les entreprises et institutions publiques ont un rôle clé à jouer pour sensibiliser et encourager des comportements plus écologiques. Voici quelques exemples de stratégies qui ont fait leurs preuves.

La communication engageante pour influencer les comportements

La communication engageante consiste à faire précéder la diffusion d’un message persuasif par la réalisation d’un acte préparatoire. Cette technique s’est avérée très efficace pour faire évoluer les comportements dans un sens plus écologique. Par exemple, une expérimentation menée sur des stations balnéaires françaises a montré qu’en faisant signer un engagement à réduire ses déchets avant une campagne de sensibilisation, le volume de déchets a diminué de 15% en moyenne par rapport aux stations témoins.

D’autres actions simples peuvent être mises en place comme :

  • Proposer aux collaborateurs de faire un diagnostic de leurs pratiques environnementales avant une formation sur le sujet
  • Inviter les citoyens à calculer leur empreinte carbone avant une campagne sur les écogestes
  • Faire signer une charte d’engagement aux fournisseurs avant de communiquer sur une politique d’achats responsables

Miser sur l’exemplarité et la cohérence

Pour être crédible, la communication environnementale doit s’appuyer sur des actions concrètes et un engagement fort de l’organisation. Une entreprise qui communique sur le recyclage mais ne met pas en place de système de tri dans ses bureaux risque de susciter la méfiance. À l’inverse, montrer l’exemple est un levier puissant. En 2019, la ville de Roubaix a réduit de 30% ses déchets de restauration collective en passant au zéro plastique et en luttant contre le gaspillage. Une démarche valorisée auprès des habitants pour les inciter à adopter ces bonnes pratiques.

Développer les initiatives participatives

Impliquer ses parties prenantes dans sa démarche environnementale est un excellent moyen de les sensibiliser et de bénéficier de leur engagement. De nombreuses entreprises mettent en place des challenges ou des boîtes à idées pour recueillir les propositions écologiques de leurs collaborateurs. Certaines vont plus loin en co-construisant leur stratégie RSE avec leurs employés, clients ou riverains. En 2021, GRDF a ainsi consulté 140 000 personnes pour définir ses engagements, une démarche saluée pour son caractère innovant et transparent.

S’appuyer sur le nudge

Le nudge, ou « coup de pouce », consiste à influencer nos comportements de manière douce et indirecte en jouant sur nos biais cognitifs. Des messages comme « 75% de vos voisins trient leurs déchets, et vous ? » ou encore la comparaison de sa consommation énergétique avec celle de son quartier ont prouvé leur efficacité pour nous pousser à adopter les bons gestes. Selon une étude de l’ADEME, un nudge bien conçu permettrait de réduire de 15% les consommations d’énergie des ménages.

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Les défis de la communication environnementale à l’ère numérique

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À l’ère du numérique, la communication environnementale fait face à de nouveaux défis pour toucher efficacement son public cible. Les entreprises et organisations doivent s’adapter aux évolutions rapides des technologies et des usages pour faire passer leurs messages de manière crédible et impactante. Cette dernière pourra notamment s’appuyer sur le potentiel de l’objet publicitaire écologique.

L’importance croissante des réseaux sociaux dans la diffusion des messages environnementaux

Les réseaux sociaux sont devenus des canaux incontournables pour les campagnes de sensibilisation à l’environnement. Selon une étude de 2022 de l’ADEME, 68% des Français utilisent les réseaux sociaux pour s’informer sur les sujets liés à l’environnement. Facebook, Instagram, Twitter et LinkedIn sont les plateformes les plus utilisées par les entreprises et ONG pour diffuser leurs messages.

Cependant, la multiplication des sources d’information et la rapidité de diffusion sur ces réseaux représentent aussi un risque de désinformation. Les fake news et les controverses peuvent rapidement prendre de l’ampleur et nuire à la crédibilité des messages. Il est donc crucial pour les organisations de veiller à la qualité et à la transparence de leurs communications numériques.

Exemples d’initiatives numériques réussies

  • La campagne #OnEstPrêt de l’association Notre Affaire à Tous, qui a mobilisé plus de 2 millions de personnes sur les réseaux sociaux pour l’adoption de la loi Climat et Résilience en 2021.
  • Le challenge « Plogging » lancé par l’application RunMotion Coach, qui a incité des milliers de joggeurs à ramasser des déchets pendant leur course et à partager leurs photos sur Instagram.

S’appuyer sur les influenceurs et les leaders d’opinion pour amplifier les messages

Faire appel à des influenceurs et à des personnalités engagées peut permettre de toucher un public plus large et de générer de l’engagement. Une étude de l’agence Reech montre que 61% des internautes font confiance aux recommandations des influenceurs en matière de consommation responsable.

Les partenariats avec des influenceurs doivent être réalisés de manière transparente et cohérente avec les valeurs de la marque. Il est important de choisir des profils en adéquation avec son positionnement et sa cible.
Natacha Heurtault, directrice de l’agence de communication responsable Mieux.

Miser sur des formats engageants et participatifs

Pour capter l’attention et susciter l’adhésion, il est recommandé de privilégier des formats interactifs comme les quizz, les sondages, les jeux concours. Les vidéos courtes et percutantes, adaptées aux usages mobiles, ont aussi démontré leur efficacité. Enfin, donner la parole aux consommateurs via des témoignages et des contenus générés par les utilisateurs renforce l’authenticité et la proximité des messages.

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Mesurer l’impact de la communication environnementale

La communication environnementale joue un rôle crucial dans la sensibilisation du public aux enjeux écologiques et dans l’incitation aux changements de comportements. Cependant, pour être réellement efficace, il est essentiel de mesurer son impact et d’évaluer les résultats des campagnes menées.

Les indicateurs clés de performance (KPI)

Pour mesurer l’efficacité d’une communication environnementale, plusieurs indicateurs clés de performance (KPI) peuvent être utilisés :

  • Le taux de sensibilisation : il permet de déterminer si le message a été vu et compris par le public cible. Selon une étude menée par l’ADEME en 2022, 68% des Français se disent sensibilisés aux enjeux environnementaux grâce aux campagnes de communication.
  • L’engagement des consommateurs : il mesure l’intérêt et l’implication du public envers la cause défendue. En 2023, une campagne sur les éco-gestes a généré un taux d’engagement de 45% sur les réseaux sociaux.
  • Les changements de comportement : c’est l’objectif ultime de la communication environnementale. Une étude de l’INSEE révèle qu’en 2024, 52% des Français ont modifié leurs habitudes de consommation suite à une campagne sur le gaspillage alimentaire.

Les méthodes d’évaluation

Plusieurs méthodes permettent d’évaluer l’impact d’une communication environnementale :

Les enquêtes et sondages

Les enquêtes auprès du public cible permettent de mesurer la notoriété, la compréhension et l’adhésion au message. En 2023, un sondage mené après une campagne sur la biodiversité a montré que 75% des répondants étaient prêts à s’engager pour la protection des espèces menacées.

Les études de marché

Elles permettent d’analyser l’évolution des comportements d’achat et de consommation. Une étude menée en 2024 a révélé une augmentation de 30% des ventes de produits éco-responsables suite à une campagne de sensibilisation.

L’analyse des données des réseaux sociaux

Les métriques des réseaux sociaux (likes, partages, commentaires) donnent une vision de l’engagement et de la portée d’une campagne. En 2023, une vidéo sur le recyclage a été vue 2 millions de fois et partagée 50 000 fois sur Instagram.

En analysant ces différents indicateurs, les entreprises et organisations peuvent identifier les points forts et les axes d’amélioration de leur communication environnementale. Cela leur permet d’ajuster leurs stratégies et de maximiser leur impact sur le public.

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L’essentiel à retenir sur une communication environnementale réussie

Pour conclure, le défi de la communication environnementale réside dans la capacité à allier crédibilité, transparence et créativité afin de capter l’attention et favoriser l’engagement. L’avenir passera probablement par une communication davantage personnalisée, en phase avec les préoccupations locales, et exploitant au mieux le potentiel des médias digitaux pour une diffusion large et virale des messages clés.

Questions en rapport avec le sujet

Quel est l’importance de la communication environnementale ?

La communication environnementale : définition et objectifs. Dans le domaine de l’entreprise, elle permet de communiquer sur l’impact environnemental de la société et des produits. C’est en effet la dernière étape de la démarche d’éco-conception des produits. Une étape souvent négligée.

Quels sont les outils de la communication environnementale ?

Les trois types de communications (écolabel, éco-profil, affichage environnemental) prennent en compte l’ensemble du cycle de vie et plusieurs critères, ce qui permet de valoriser une démarche globale d’éco-conception.

Comment communiquer sur l’environnement ?

Choisissez des supports de communication écologiques : papier recyclé, papier ensemencé, encre végétale, bois … Vous pouvez même les utiliser pour communiquer sur leur aspect engagé. Réfléchissez à la fin du cycle de vie de vos supports et design.

Comment communiquer de façon Éco-responsable ?

Il est important de communiquer de manière éco-responsable en utilisant des méthodes de communication qui minimisent l’impact environnemental, telles que la promotion de l’électronique et la réduction de l’utilisation de papier, l’adoption de technologies numériques pour partager des informations et encourager la durabilité dans les pratiques de communication.

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